Présidentielle en Haïti : Michel Martelly candidat malgré les sanctions internationales

L’ancien président Michel Martelly s’inscrit à la présidentielle malgré les sanctions des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne.

PORT-AU-PRINCE — L’ancien président Michel Joseph Martelly figure parmi les 16 premiers prétendants à la présidence inscrits sur la liste préliminaire publiée vendredi par le Conseil électoral provisoire (CEP). Son retour sur la scène politique intervient alors qu’il fait l’objet de sanctions des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne.

Washington l’a sanctionné en 2024 pour ses liens présumés avec le trafic de drogue, tandis que le Canada et l’Union européenne lui reprochent notamment d’avoir financé et armé des gangs pour défendre ses intérêts politiques et économiques.

Sa candidature, sous la bannière du regroupement politique « Debloke », intervient après une modification controversée du décret électoral supprimant certaines exigences documentaires, notamment celles liées à la Banque de la République d’Haïti (BRH). Cette décision suscite des inquiétudes quant à la participation de personnalités sanctionnées ou soupçonnées de corruption.

D’autres figures politiques visées par des sanctions internationales, notamment l’ancien président provisoire Jocelerme Privert et l’ancien député Gary Bodeau, figurent également parmi les prétendants.

Michel Martelly pourrait toutefois se heurter à une exigence constitutionnelle concernant sa résidence habituelle en Haïti durant les cinq dernières années, puisqu’il vit principalement à Miami depuis son départ du pouvoir en 2016.

Les ambassadeurs de France et d’Espagne, ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, ont souligné l’importance de garantir la crédibilité du processus électoral et d’écarter les candidats liés à des activités criminelles.

Alors que le CEP a prolongé les inscriptions jusqu’au 31 octobre et envisage un nouveau calendrier électoral, la candidature de Michel Martelly place l’institution devant une épreuve majeure : garantir le respect des exigences constitutionnelles et préserver la crédibilité d’élections organisées dans un pays profondément affecté par la violence des gangs.